Bienvenue dans Universal Stations. Vous écoutez le cinquième épisode de la deuxième saison. Imaginez une ville sous la pluie, des lumières de néon et une voix qui surgit de l'ombre, sans visage et sans nom. Puis, un jour, le monde entier connaît cette voix. Voici l'histoire de The Weeknd.
Il existe des artistes qui se construisent patiemment sous les projecteurs, et d'autres qui apparaissent comme des fantômes avant de tout conquérir. Abel Tesfaye, que le monde connaît sous le nom de The Weeknd, fait partie de cette seconde catégorie. Son histoire est celle d'une icône bâtie de toutes pièces, dans le mystère le plus total.
Il naît au début de l'année mille neuf cent quatre-vingt-dix, à Toronto, au Canada, dans une famille aux racines éthiopiennes. Adolescent discret, il commence à publier ses chansons sur internet sans jamais montrer son visage. Personne ne sait qui se cache derrière cette voix douce et déchirée, qui raconte les nuits sombres, les excès et les peines de coeur. Très vite, la rumeur enfle, et le mystère même devient une part de sa légende.
Une trilogie venue de la nuit
Au début des années deux mille dix, il publie une série de trois projets sombres et envoûtants, qui forment une véritable trilogie. La musique y est lente, hypnotique, à la fois sensuelle et inquiétante. C'est un nouveau visage du rythme and blues qui naît là, plus nocturne, plus cinématographique. Les amateurs de musique comprennent qu'un artiste hors norme vient d'arriver.
Dans les années qui suivent, The Weeknd quitte peu à peu l'ombre pour la pleine lumière. Ses albums se succèdent et le hissent au sommet de la pop mondiale. Il signe certaines des chansons les plus écoutées de l'histoire récente, des refrains lumineux qui contrastent avec la noirceur de ses débuts. Sa prestation lors de la grande finale sportive américaine, devant des centaines de millions de personnes, confirme son statut de star planétaire.
Une esthétique reconnaissable entre toutes
Ce qui distingue The Weeknd, c'est aussi son sens de l'image. Le costume rouge, les ambiances de cinéma, les mises en scène spectaculaires, tout est pensé comme un univers cohérent. Il ne se contente pas de faire de la musique, il raconte une histoire visuelle, presque un film, dont il est à la fois le héros et le metteur en scène.
Dépasser l'icône que l'on a créée
Mais l'histoire la plus fascinante est peut-être celle de son tournant le plus récent. Au cours des années deux mille vingt-cinq et deux mille vingt-six, l'artiste annonce vouloir abandonner peu à peu le nom de The Weeknd, ce personnage qu'il a façonné pendant plus de dix ans, pour ouvrir un nouveau épisode créatif sous son propre nom. C'est un geste rare et courageux : choisir de dépasser l'icône que l'on a soi-même bâtie, plutôt que de s'y enfermer. The Weeknd reste ainsi l'un des artistes les plus libres et les plus surprenants de son temps.
Vous venez d'écouter le cinquième épisode de la deuxième saison d'Universal Stations. Pour prolonger ce voyage, écoutez la playlist de cette saison : recherchez simplement Caviar sur votre plateforme d'écoute préférée. Abonnez-vous à Universal Stations pour ne rien manquer de la suite. À très bientôt.